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 The Painter and his Muse [ PV Madelaine O'Seamus ].

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Wade Sigurdr


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MessageSujet: The Painter and his Muse [ PV Madelaine O'Seamus ].   Mar 24 Jan - 23:31




    Wade ouvrit les yeux en s’étirant. Il tourna légèrement la tête pour regarder l’horloge accrochée au mur. Il passa une main dans ses cheveux et bailla. Il était presque midi. Cela ne lui ressemblait pas du tout de se lever aussi tard, cependant, il avait travaillé jusqu’à pas d’heure. Une fois rentré du vernissage, alors que pourtant la journée l’avait fatigué, entre le monde et le travail, Wade avait attrapé pinceaux et peinture, entamant une nouvelle toile. Il avait juste déboutonné deux boutons de sa chemise blanche et retroussé ses manches. Et alors, la journée de merde avait été éclipsée. Enfin… Une journée de merde… Tout était relatif. Il avait fait la connaissance d’une personne qui méritait qu’on lui adresse la parole. Cette personne avait de longs cheveux ébène, des yeux d’un vert olive rehaussé d’une touche de terre de sienne, une multitude de minuscules et petites tâches de rousseur, un corps élancé et un esprit vif. Il avait dû passer plus d’une heure à regarder la toile blanche avant de commencer à la remplir. C’était trop tôt pour pouvoir dessiner un corps sans avoir de modèle précis, néanmoins, il voyait les formes se dessiner tout doucement sur le fond blanc. Ce n’était que des couleurs. Des tonnes et des tonnes de couleurs entremêlées, entrelacées, donnant naissance à de toutes nouvelles couleurs. Il s’était alors humecté les lèvres et avait donné dans la peinture abstraite. Toute personne qui verrait sa toile aurait sa propre vision du tableau, mais lui, il savait ce que réellement il représentait. Il souriait avec un air stupide alors qu’il déposa son pinceau dans le petit pot d’eau qui se trouvait sur le plan de travail. Un air stupide qu’il n’avait eu qu’une seule fois dans sa vie. Oh, il s’en souvenait comme si c’était hier ; du haut de ses dix ans, lorsqu’il avait dit adieu à ses étoiles et son ciel, alors que les Nornes avaient déjà tissé son destin, il était monté dans la voiture qui le conduirait à l’aéroport. Et dans cette voiture, il sourit d’un air stupide. Durant les premières heures de vol, sa mère crut que, tout comme elle, il était devenu fou. Non. Elle avait juste comprit, lorsqu’il se mit à pleurer en silence dans ses petits bras, qu’il venait de se séparer de l’amour de sa vie. Même en pleurant, il ne cessait de sourire. Car il savait au fond, que même s’il ne pourrait la revoir avant très très longtemps, il aurait toujours la possibilité de se la remémorer. Il s’en souviendrait toute sa vie. Comme la nuit où il peignit Madeleine ; cela n’avait rien de parfait, juste… Juste de l’abstrait. Mais son souvenir, lui, était intact. Et ça le faisait sourire.

    Il s’était endormit sur son lit, épuisé par tant d’émotion. Cela faisait plus de vingt ans qu’il n’avait pas ressentit ça. Un tel déchirement au cœur lors d’une séparation. Alors que pourtant, il le savait : il serait plus aisé de revoir Madeleine plutôt que la Suède. La tête enfouie dans son oreiller, il n’avait pensé qu’à une chose : excellé dans son art jusqu’à reproduire à l’exactitude la beauté de la jeune femme.

    Wade s’étira de nouveau avant de se redresser. Il se gratta la tête et lorsqu’il regarda ses doigts, il s’aperçut qu’il n’avait même pas pensé à prendre une douche avant d’aller se coucher. Quelle plaie. Il frotta ses doigts, grattant la peinture qui restait collée à lui. Il en avait jusque dans l’intérieur des ongles. Tant pis. Il irait prendre une douche plus tard. Tranquillement, il se leva et fit quelques pas dans l’appartement. De nouveau, il bailla. L’horloge affichait déjà treize heures trente. Wade écarquilla les yeux et se précipita dans la cuisine, manquant de trébucher sur deux toiles vierges en passant. Vivement, il se lava les mains et mit au micro-ondes un plat congelé. Il devait vite manger, vite tout ranger, vite tout faire. Les secondes défilaient sur son micro-ondes et il trépignait d’impatience, sautillant comme un enfant sur place. Il restait encore trois minutes quarante à attendre. Non, il n’avait vraiment pas le temps. Il sautilla une dernière fois et attrapa l’éponge près du robinet pour commencer à nettoyer le plan de travail, la table, la gazinière… En se tournant vivement, il se prit l’échelle qui conduisait à son atelier. Une nouvelle journée de merde venait de commencer. Bordel, il était trop stressé. Merde, ce n’était qu’une femme après tout. Fouh…

    Il inspira et expira longuement avant de se servir un verre d’eau et d’avaler un cachet. Le premier de la journée. Wade se calma peu à peu, reprit contenance et se mit à ranger. Il n’avait même pas entendu le micro-ondes sonner.

    L’horloge, après un énième « tac », affichait enfin quatorze heures. Il n’avait toujours pas prit de douche, il s’était juste afféré à ranger les affaires qui trainaient, entreposé les tableaux – achevés ou pas – à l’étage et fait son lit. Les mains sur les hanches, le nez retroussé, il songea que cela était bon. Il pensa même que c’était la première fois, depuis qu’il avait emménagé dans cet appartement de Greenwich Village, que c’était aussi bien rangé. Fier de lui, il fila dans sa salle de bain pour se doucher et changer ses vêtements. Il avait bousillé un costume à plus de cent cinquante dollars, le seul petit « plaisir » qu’il s’était offert, même si c’en était pas vraiment un. C’était juste histoire de paraitre un minimum sophistiqué lorsqu’il se trouvait obligé d’apparaitre dans un vernissage. Heureusement qu’il avait oublié de mettre sa veste. Là, il savait au moins, qu’un joli costume tout beau et propre n’avait pas d’importance, il pouvait s’habiller comme il le voulait. Son atelier, ses règles. Wade enfila un vieux jean, effilé sur le bas, légèrement troué au niveau du genou, ainsi qu’un t-shirt bleu pâle qui soulignait parfaitement ses yeux. Il ne l’avait même pas fait exprès.

    Bientôt quatorze heures quinze. Il était dans les temps. De plus, il savait qu’en dépassant l’heure convenue, cela lui donnait un air détaché, ce même air qu’il affichait en permanence. Mais ce sale petit con trépignait d’impatience à l’idée de commencer. A l’idée de la revoir. Et toujours cette petite voix qui lui susurrait que les Hommes sont tous les mêmes, qu’ils ne pensent qu’à eux et à eux-mêmes, qu’il n’y aurait jamais personne qui l’admirerait vraiment, qu’il y avait toujours une intention cachée derrière chaque sourire, chaque geste attendrissant. Son portable en main, il posa l’écran contre son front en soupirant. Mieux valait alors ne pas l’appeler et oublier. De toute façon, elle avait sûrement filé sa carte juste comme ça. Il mordit l’extrémité de son portable alors qu’il se sentit désemparé. Voilà pourquoi il ne se mêlait pas à la foule et aux Hommes : c’était trop douloureux. Il posa son téléphone sur le plan de travail puis le prit de nouveau.

    Tremblant et tout de même hésitant, il composa le numéro avant de porter le combiné contre son oreille. Il déglutit. Une première sonnerie. Une seconde. On décrocha. Il déglutit de nouveau, bruyamment cette fois.

    « - Allô ? ».

    Wade ferma les yeux, sentant le sang lui monter à la tête. Il faisait chaud soudainement. Des gouttes de sueur commençaient à apparaitre sur son front. Elle répéta :

    « - Allô ? ».

    C’était pas possible. Il ne pouvait pas faire ça, ce n’était pas possible. Il se racla la gorge :

    « - Mademoiselle O’Seamus ? ».


    « - Oui, c’est moi… Monsieur Sigurdr ? Je suis ravie de vous entendre, j’avais l’intention de vous appeler. Voyant l’heure défiler… ».

    Son ton était jovial. Il se sentit rassuré et totalement à l’aise. Il passa une main dans ses cheveux avant de reprendre :

    « - Oui, je suis sincèrement désolé de ne pas vous avoir appelé avant, j’étais un peu… Occupé en vérité. ».

    Il marqua une pause, il crut presque entendre un léger rire de sa part. Ce même rire dénué de moqueries qu’elle lui avait offert la veille. Il inspira avant de continuer :

    « - Donc, hmmm… Si vous désirez passer à mon appar… A mon atelier, vous êtes la bienvenue. ».

    « - Très bien. Je viens juste de sortir de NYU, je ne devrais pas arriver trop tard… ».

    Wade fronça les sourcils. La fin de sa phrase restait en suspens. Qu’est-ce qu’elle attendait ? Il souffla comme un abruti alors qu’il se frappait le front. Il était normal qu’elle ne puisse pas venir s’il ne lui donnait pas l’adresse. Il pouvait vraiment l’entendre rire. Quel con, sérieusement. Il s’excusa, bégayant presque et lui donna l’adresse. Elle le remercia puis raccrocha. Quel imbécile. Il posa son téléphone sur le plan de travail et soupira, examinant une dernière fois son appartement. Dieu, que c’était vide. Tout l’appartement hurlerait à Madeleine que ce n’était qu’un pauvre peintre solitaire, morne, aigri, blasé. Non, sérieusement, il n’avait même pas un poisson rouge. Il secoua vivement la tête : les poissons rouges, ce n’était pas très joli et ça ne faisait que tourner en rond dans leur bocal. Ce qu’il lui faisait, c’était un compagnon. Un petit animal à quatre pattes qui donnerait l’illusion qu’il n’était pas si seul que ça. Il tourna en rond dans son appartement avant d’avoir une idée de génie. Récemment, l’une de ses voisines du dessous donnait des chats. Un sourire éclaira son visage. C’était parfait. Le chat était vraisemblablement l’animal parfait ; de nature solitaire et paresseux, en plus de ne pas avoir besoin de s’en occuper de trop, il saurait être présent dans l’appartement pour y donner un peu de chaleur et de vie. Parfait, parfait, parfait.

    Mais son petit délire devrait s’arrêter là ; il lui semblait avoir entendu, quelques jours auparavant, qu’elle les avait déjà tous donnés. Il ferma les yeux puis les rouvrit avant de se précipiter pour prendre ses clefs et sortir en trombe de chez lui. Il dévala les escaliers et alla sonner chez sa voisine. Cette femme lui faisait froid dans le dos : vieille et encore plus méchante voire associable que lui, il voyait en cette femme un futur probable pour lui s’il n’essayait pas de changer un minimum. Ô Dieu, il prenait un chat. Cette vieille folle avait plein de chats. Il finirait par en adopter un deuxième, puis un troisième… Et cela n’en finirait pas. Il deviendrait fou, entouré de chats et il serait encore plus seul. La vieille folle aux chats n’ouvrit pas. Il sonna une nouvelle fois :

    « - Madame Pitsburry ? C’est Wade Sigurd, du 608… J’ai entendu dire que vous donniez des chatons ?... ».

    La vieille ouvrit la porte, juste assez pour y faire passer son nez. Elle faisait au moins deux têtes de moins que lui. Il grimaça légèrement à la vue de la vieille femme. Le même genre de grimace qu’il avait affiché durant toute la soirée de la veille.

    « - J’ai peut-être quelque chose pour vous. ».

    Madame Pitsburry ferma la porte en la claquant. Il n’attendit que quelques minutes avant qu’elle ne rouvre la porte et qu’elle lui tende une bestiole toute poilue. Il eut juste le temps de rattraper la bestiole qu’elle referma aussi vite la porte que la première fois.



    Wade suréleva la bête et l’examina. Le chat lui jeta un regard blasé avant de passer son énorme langue rosâtre sur le bout de son museau. Il ne savait vraiment pas quoi penser de ce truc tout touffu. Le chat sous l’épaule, il regagna son appartement. Il était malade d’avoir prit ce chat. Et Madeleine qui ne tarderait pas à venir… Il était vraiment dingue. Le chat émit une sorte de miaulement, à cheval entre le gémissement et le râle. Il n’avait même pas pensé à lui prendre quoi que ce soit à manger. Et puis, ça mangeait quoi les chats ? Et merde… Il n’avait même pas mangé.






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Madeleine K. O'Seamus


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MessageSujet: Re: The Painter and his Muse [ PV Madelaine O'Seamus ].   Dim 29 Jan - 0:43

Madeleine était rentrée sans encombre chez elle la nuit précédente, et s'était endormir comme un bébé. Mais dès son réveil, bien qu'elle essayait de se maîtriser, elle brûlait d'impatience. Debout deux heures à l'avance, elle était descendue jusqu'au Starbuck le plus proche et avait rejoint NYU à pied, sirotant son thé, espérant qu'il la calmerait. Peine perdue, ou presque. Marcher par contre, lui avait fait du bien. A 8 heures, les trottoirs grouillaient de new yorkais pressés de se rendre au travail. Madeleine, paradoxalement, aimait cette foule. Se sentir perdue dans la multitude lui donnait le sentiment de n'être rien, et tout à la fois, d'arrêter de penser et d'oublier ses soucis, ses angoisses, ses problèmes. Elle qui avait tant besoin de silence et de solitude, prendre ainsi un bain de foule lui faisait étrangement un bien fou, la relaxant aussi bien qu'une séance de méditation à regarder le ciel sans rien faire d'autre que respirer et vider son esprit. Elle en sortait toujours épuisée, vidée et apaisée. Et comme il n'y avait guère d'endroits isolés et totalement vide à New York où l'on entendrait que le bruit du vent ou des vagues, elle faisait avec.

La séance de pause planifiée pour l'après midi même la rendait nerveuse, bien qu'elle refusait de se l'avouer. Elle ne savait trop à quoi s'attendre. Et en même temps, cela lui plaisait. Elle ne savait pas s'il avait déjà une idée précise de ce qu'il voulait, s'il voulait se faire la main, s'il voulait déjà attaquer une composition... Mais peu lui importait, et elle voulait surtout ne pas se prendre la tête, et se laisser guider, par le peintre ou par son intuition, son ressenti. Elle était impatiente de commencer, de le voir à l'oeuvre. Et puis, elle l'appréciait. Il était professionnel, elle admirait son travail, et c'était une opportunité incroyable. Et puis, travailler avec lui l'emballait, tout simplement, parce qu'il était quelqu'un d'agréable, et sa timidité lui donnait un coté touchant qu'elle trouvait adorable. Elle pressentait que travailler avec lui serait un plaisir.

Elle arriva à NYU avec une bonne demie heure d'avance sur ses cours, et en avait profité pour passer voir son directeur de thèse. Madeleine se faisait parfois peine. Son directeur de thèse, elle allait voir son directeur de thèse pour lui raconter sa vie. Elle n'avait pas d'amis, vraiment. Oh, James était ravi qu'ils soient devenus si proches, il aimait beaucoup la jeune femme, certainement parce qu'elle ressemblait à sa fille, elle n'avait pas manqué de remarquer la ressemblance, même si elle ne se serait jamais permise de lui faire remarquer. Après tout, cela lui convenait. James était une personne formidable, et un excellent archéologue. Et lui ne la traitait pas par rapport à ses parents, mais pour ses qualités propre. Et puis, lui aussi était un solitaire, comme elle, et lui non plus ne sortait pas beaucoup, bien qu'il lui faisait constamment la leçon. Entrant dans son bureau comme à l'ordinaire, elle finit par lui raconter sa soirée, et l'impatience qu'elle avait de commencer. Lui, était amusé, et n'hésitait pas à sourire, à commenter, à se montrer aussi enthousiaste qu'elle, et une pointe moqueur.

- C'est super Madeleine ! Tu vois, quand tu veux, tu peux sortir un peu, et finir par faire des choses avec des gens. Allé, raconte, il est mignon ? A quoi il ressemble ? Il te plait ?

- Docteur James Wayne, pour l’amour de Dieu, vous êtes la commère la plus lourde de NYU, vous devriez vous inscrire au journal, la rubrique Potin est décidément pour vous.

Madeleine éclata de rire, et James la suivit.

- Allons, sérieusement. C'est un artiste très talentueux, tout ça, mais pour que tu acceptes, il doit bien te plaire un peu...

- Ça n'a rien à voir ! J'admire son travail, et c'était une opportunité qui m'emballait.
Madeleine rosit légèrement, ce qui n'échappa pas à James qui lui sourit d'un air goguenard. Elle continua tant bien que mal, sélectionnant ses mots avec soi.

- Et c'est quelqu'un de très agréable, et accessible, bien qu'il soit d'une timidité maladive. C'est vrai qu'il est... plutôt mignon... reconnut-elle, rosissant de plus belle mais il est très timide, et il n'est surement pas intéressé, moi non plus d'ailleurs, tu me connais assez pour savoir que je n'ai besoin de personne et que je ne cherches pas à me caser.

- Profite de ta jeunesse tant que tu peux Madeleine, éclates toi, et prends un peu de temps rien que pour toi, sans penser aux conséquences, sans t’embarrasser de quoi ou qui que ce soit. Tu devrais essayer de vivre un peu plus, ou sinon, tu finiras comme moi à faire le concierge, ou à passer tes journées derrière un bureau à ne rien faire, parce que ta vie sera totalement vide. Tu es jeune, tu es belle, fonce qu'est-ce que tu attends !

Les deux éclatèrent de rire, et les minutes suivantes se partagèrent entre fou rires et engueulades amicales, jusqu'à ce qu'ils se rendent compte qu'à continuer ils seraient en retard pour leurs cours. Personne n'aurait soupçonné que James était le directeur de thèse de Madeleine, quiconque entrant dans ce bureau n'y aurait vu que deux collègues qui s'entendaient comme les doigts de la main.

La matinée passa si vite que Madeleine ne s'en rendit pas compte. Elle grignota sur le pouce et enchaina sur son dernier cours. Elle le donna comme d'habitude, prenant son temps, essayant de réfréner son impatience et de n'en rien laisser paraître. Mais lorsque la cloche sonna, elle ne retint ses élèves que pour leur annoncer le contenu du prochain cours, les regardant sortir, fermant la salle, trépignant lorsqu'ils trainaient. A 14h05, elle était dans son bureau, plus un placard à balais à vrai dire, qu'elle partageait avec deux autres doctorants qui n'étaient pas là, rangeant ses affaires, prête en quelques minutes à partir, serrant son téléphone dans sa main pour être sure de ne pas manquer l'appel, ne cessant de jeter des regards inquiets à la vieille horloge suspendue au mur. Soudain, elle sentit son téléphone vibrer dans sa main, et ne chercha pas à reconnaitre le numéro, décrochant immédiatement, s'asseyant sur un coin de son bureau.

«  - Allô ? ».

Madeleine fronça les sourcils, elle avait bien décroché, mais si vite que son interlocuteur ne devait pas l'avoir entendu. Elle répéta, un peu inquiète. Si c'était une erreur de numéro, si c'était quelqu'un d'autre que Wade Sigurdr, elle avait peur de louper son appel, et qu'il pense qu'elle ne viendrait pas...

«  - Allô ? ».
«  - Mademoiselle O’Seamus ? ».

Madeleine retins un soupir. Elle avait reconnu sa voix. Pas comme ces filles qui s'accrochent à la voix de celui qui hante leur pensée, non hein. Elle aurait viré rouge pivoine si elle ne s'était pas reprise. Non, c'était tout à fait professionnel et elle se souvenait particulièrement bien des voix. Et celle de Wade Sigurdr pour ne rien gacher était très agréable.

«  - Oui, c’est moi… Monsieur Sigurdr ? Je suis ravie de vous entendre, j’avais l’intention de vous appeler. Voyant l’heure défiler… ».

Madeleine s'arrêta là, elle n'avait pas réfléchi, et parlé sous l'impulsion du moment. "Voyant l'heure défiler"... Non mais comme si elle était inquiète qu'il ne la rappelle pas (bon, ça c'était vrai, finalement) ou comme si elle était morte de faim... Toutefois, elle fut assez surprise du ton de sa voix. Plus détendu, et bien plus à l'aise que la veille. Peut-être était-il en fin de compte plus à l'aise, et que le vernissage l'avait beaucoup stressé ?

«  - Oui, je suis sincèrement désolé de ne pas vous avoir appelé avant, j’étais un peu… Occupé en vérité. ». Donc, hmmm… Si vous désirez passer à mon appar… A mon atelier, vous êtes la bienvenue. ».

Madeleine sourit, et enroula distraitement une boucle de ses cheveux entre ses doigts. Evidemment qu'elle désirait passer à son appartement. A son atelier. Peu importait en fait, elle avait... Oui, elle avait envie de le revoir. Professionnellement parlant, bien sur. Elle avait hâte de voir ce projet et ce qu'il pourrait en découler, simplement. Bon, elle admettait qu'il était très gentil, très agréable, et très talentueux, et cela lui donnait aussi envie. Elle n'aurait pas posé à nouveau comme cela pour le premier venu. Enfin, il était le premier venu en fait, mais... Madeleine s'empourpra toute seule, et se dit qu'il valait mieux en rester là dans ses pensées. Elle inspira et rapidement chassa ces pensées de son esprit. Il ne lui avait toujours pas donné son adresse...

«  - Très bien. Je viens juste de sortir de NYU, je ne devrais pas arriver trop tard… ».

Madeleine laissa échapper un rire qu'elle contint, totalement dénué de moquerie ou de malice. Il s'excusa alors, et la lui dicta, bégayant, certainement gêné de n'avoir pensé à ce détail. Elle le remercia, puis raccrocha en lui disant qu'elle serait là d'ici une quinzaine de minutes. Son appartement était vraiment a deux pas du campus. Attrapant sa veste, elle sortit et se hâta vers l'adresse qu'il lui avait fournit, elle voyait sans mal où il était installé. En une quinzaine de minutes comme prévu, elle y était. Elle parcourut la liste des sonnettes, et sonna à ce qui lui semblait être la bonne. Une fois la porte déverrouillée, elle grimpa les étages, et s'arrêta enfin devant l'appartement 608. Elle tapa à la porte, et attendit patiemment qu'on lui ouvrit.


« - Bonjour Mr Sigurdr, j'espère que je ne suis pas en avance et que je ne vous dérange pas... ».

Elle lui sourit, amicale. Pensant que cette première séance ne serait pas tant importante, elle s'était habillée comme tous les jours, d'un jean et d'un haut à petites manches vert foncé sous sa veste en jean. Rien d'extraordinaire, tant qu'il ne s'était pas refait la main, et elle ne savait pas trop comment il voulait commencer. Et s'il avait eu besoin, il le lui aurait spécifié.


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Wade Sigurdr


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MessageSujet: Re: The Painter and his Muse [ PV Madelaine O'Seamus ].   Dim 29 Jan - 20:49

    Son ventre se mit à gargouiller. Comme la plupart des artistes, ou la plupart des personnes tout court, Wade n’arrivait pas à se concentrer sur son travail avec l’estomac vide. Lorsqu’il leva les yeux vers l’horloge, il comprit qu’il était trop tard pour appuyer sur le bouton du micro-ondes et le relancer pour faire réchauffer de nouveau son plat. Il suréleva le chat une nouvelle fois pour mieux l’observer. Et s’il mangeait ce chat ? Un sourire sadique se dessina sur son visage. Non, il n’était pas aussi cruel. Enfin… Il ricana alors que le chaton posa sa patte toute poilue sur le nez du peintre. Wade resta un long moment à regarder le chat, qui lui lançait exactement le même regard que Wade lancer aux Hommes. Peut-être que, finalement, ils étaient fais pour s’entendre. Néanmoins, il n’osa pas caresser la bête toute pleine de poils. Il déposa le chat, qui n’avait pas encore de nom, sur le sol et le laissa vaquer à ses occupations de chat. Wade n’avait vraiment rien prévu. Il avait agit sous l’impulsion du moment, un pur coup de tête. Il était timbré. Pas de litière, pas de croquettes… Il n’avait songé à rien. Cela ne lui ressemblait absolument pas. Lui qui était d’ordinaire si réfléchit… Il avait presque envie de rendre le chaton en courant et de rappeler Madeleine pour tout annuler au dernier moment ! Il fit les cent pas dans son appartement, tirant sur son vieux t-shirt bleu clair. Il soupira longuement avant de trouver quelque chose à faire, comme ranger des affaires qui trainaient ci et là. Pourtant, il n’y avait plus rien à ranger. Son appartement était presque immaculé. Malgré cela, il y avait tout de même quelques bidons de térébenthine, d’huile de lin ou des godets d’aquarelle qui restaient éparpillés dans un coin, à l’étage, là où il avait établi son petit atelier.

    S’occuper les mains et penser à autre chose. C’était tout de même très difficile. Songer à autre chose alors qu’elle n’allait pas tarder. Il passa vite fait un coup de chiffon sur les plaques électriques qui étaient pourtant plus propres que le reste de la maison. Wade tourna vivement la tête sur le petit canapé deux places qui trônaient derrière la grande table de la cuisine. Il avait un peu honte ; son appartement n’avait rien de très décoré et, le comble pour une artiste-peintre qui avait l’habitude des couleurs et de la décoration, n’était pas très design. Avait-il le temps de passer vite fait au centre commercial pour changer tout son intérieur ? Il se calque le front en plissant les yeux. Con. Qu’il était con. Tant pis. Il envoya la serviette sur la grande table et le chat bondit dessus comme un fauve. Wade laissa échapper un cri de surprise alors que le chaton était en train de détruire son chiffon. Le suédois soupira de soulagement. Ce foutu animal le ferait certainement chier encore longtemps.

    Soudain, l’interphone sonna. Il sursauta de nouveau et se crispa en jurant. Self-control. Ressaisis-toi. Ce n’est que la sonnette. Ce n’est rien. Absolument rien. Il faut être calme, imperturbable et impénétrable, comme tu l’es d’habitude.

    Détendu et déstressé, il se dirigea vers l’interphone et appuya sur le bouton et lui ouvrit. Wade resta longtemps la main posée sur la poignée et le front collé contre la vieille porte en bois, les yeux mi-clos. Il pouvait même l’entendre monter tranquillement les escaliers. Il faut dire ce qui est : l’appartement, l’immeuble tout entier n’était pas très bien isolé. Le moindre bruit pouvait être entendu par tout le voisinage. Lorsque les voisins s’engueulaient, lorsque les vieux marchaient avec leur canne, lorsque le bébé criait, lorsque le chien aboyait, lorsqu’une assiette se brisait… Cela n’empêchait pas Wade de ne pas s’en plaindre. Il restait muet. D’ailleurs, cela l’amusait ; souvent, dans l’ascenseur, lorsqu’un couple s’était violemment disputé la veille, et que la jeune femme était rouge de honte et le jeune homme en train de bouder, Wade ne pouvait s’empêcher de pouffer dans son coin. Mais des fois, on parlait sur lui. On disait de lui qu’il était toujours seul, qu’il avait toujours les doigts sales, qu’il était peut-être autiste ou dérangé, on le disait méchant et associable. Le tout n’était pas faux, bien sur, mais Wade détestait entendre les gens le dire. Il détestait savoir que les autres savaient.

    Le chat le ramena à la réalité. Il produisit le même son que lorsqu’il l’avait tenu la première fois dans ses bras, excepté que cette fois-ci, l’animal se frotta à sa jambe, enroulant sa longue queue pleine de poils autour de son tibia. Le chat leva la tête vers lui et de nouveau, leur regard se croisa. Les pas de Madeleine s’étaient arrêtés. Elle était là. Devant la porte. Sur le palier. Elle était là. Wade déglutit et ouvrit doucement la porte. Ô Dieu, elle souriait. La petite voix dans son esprit lui disait de lui arracher ce stupide sourire, il semblait si hypocrite… Pourtant, Dieu seul sait à quel point il était vrai et sincère. Il l’observa un dixième de seconde et, comme la veille, elle était splendide. Pourtant, elle n’avait rien de bien sexy dans ses vêtements en jean, mais… Mais… Ce haut vert qui faisait ressortir la couleur de ses yeux, de son teint, de ses cheveux…

    Wade déglutit alors qu’elle le salua. Presque aussitôt, il lui répondit :

    « - Non, non ! Bien sur que non vous ne me dérangez pas ! Je finissais juste de ranger un peu. ».

    Il avait parlé tellement vite que l’on sentait vraiment qu’il était aussi intimidé que la veille. Il baissa légèrement la tête et soupira en se mordant les lèvres. Il finit par ouvrir davantage la porte et lui fit signe de rentrer :

    « - Rentrer, je vous en prie ! ».

    Trop enthousiaste, vif, il sentait déjà les bouffées de chaleur lui monter à la tête. Il aurait dû mettre un t-shirt plus foncé au cas où il transpirerait de honte et de peur… Il passa une main dans ses cheveux, la conduisant jusque dans la cuisine. L’entrée menait directement à sa chambre/bureau, remplie de tableaux et autres matériels de travail, avec d’immense fenêtre pour laisser passer la lumière. En hâte, manquant de se prendre de nouveau l’échelle, il fit chauffer la bouilloire :

    « - Vous désirez boire quelque chose ? Un thé, un café, quelque chose de frais peut-être ? ».

    Il parlait trop vite, beaucoup trop vite et s’agitait un peu dans tous les sens. Il n’avait pas l’habitude que quelqu’un pénètre son espace vital, son lieu de travail. Il n’avait pas l’habitude que cette personne soit une femme. Dans son agitation et empressement, il se tourna vivement, oubliant une nouvelle fois que l’échelle se trouvait là. Il se la prit de plein fouet sur le nez, lâchant la tasse vide au sol. Le chat grimpa sur la table et se remit à grignoter le chiffon.
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Madeleine K. O'Seamus


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MessageSujet: Re: The Painter and his Muse [ PV Madelaine O'Seamus ].   Mar 31 Jan - 2:17

« - Non, non ! Bien sur que non vous ne me dérangez pas ! Je finissais juste de ranger un peu. ».

Madeleine se rendit compte que son ton dénotait totalement avec celui qu'il avait eu au téléphone. Il était réellement mal à l'aise avec les gens, lorsqu'il s'y retrouvait confronté en personne ? Ou seulement les femmes ? Madeleine franchit le seuil sur cette question. Après tout, nombre de gens étaient intimidés en présence d'une femme, et particulièrement les hommes timides tel que Wade semblait l'être. Il lui ouvrit la porte, mordant ses lèvres et soupirant, baissant la tête. Visiblement, il était lui même conscient de sa nervosité, et Madeleine lui sourit doucement pour le mettre à l'aise, et franchit le seuil de l'appartement.

Madeleine se sentait intimidée, presque gênée. Elle avait l'impression de rentrer dans le saint des saints, de pénétrer dans l'intimité du peintre, et sa gêne ne l'aidait pas à se détendre. Elle embrassa d'un regard tout l'appartement qui lui servait aussi d'atelier. Étrangement, elle ne fut pas surprise de ce qu'elle voyait, il correspondait tout à fait à ce qu'elle attendait, ou plutôt soupçonnait. Spacieux, lumineux, mais surtout vide. Les murs étaient immaculés, il n'y avait rien de personnel, tout semblait vide. Elle ne pouvait se vanter d'être capable d'analyser ou de psychanalyser qui que ce soit. Mais elle trouvait que cet appartement lui ressemblait en un sens, et elle s'attendait à quelque chose du genre. Il semblait n'être pas le genre à s'encombrer de choses inutiles, ni à se perdre dans des futilités de design et décoration d'intérieur. C'était simple, comme il semblait l'être, sans artifices.

« - Vous désirez boire quelque chose ? Un thé, un café, quelque chose de frais peut-être ? ».


Madeleine lui sourit, il ne faisait pas froid, mais elle buvait du thé toute l'année, peu importait la saison. Une habitude qu'elle avait pris toute petite sur les chantiers du Moyen Orient de ses parents, et qu'elle continuait d'entretenir. Pour certains,c'était le café, mais Madeleine c'était au thé qu'elle était accro, jusqu'à traquer le meilleur thé de Chinatown, n'hésitant pas à frapper à la porte des herboristes mandarins pour trouver le Oolong qui ferait son bonheur ou le thé blanc qui la raffraichirait tout l'été, et trouver de quoi faire ses propres infusions. Jasmin, rose, violettes et autres fleurs. Chez elle, tout une étagère y était entièrement dédié, conservant des pétales, des feuilles et autres plantes pour agrémenter ses thés pour l'année. C'était son carburant à elle, et comme d'autre hument l'odeur d'un bon café, Madeleine appréciait la douce fragrance d'un thé infusé à la perfection, à l'exacte température requise.

- Un thé sera parfait, merci bien.

Elle le laissa s'affairer, observant l'appartement, lorsqu'un bruit la fit se retourner, mais elle vit seulement la tasse chuter. Elle allait se porter à son aide, mais se retint. Elle ne ferait que l’embarrasser encore plus. Elle déposa délicatement sa veste sur une chaise et remarqua le chaton qui était monté sur la table et s'était mis en tête de déchirer un chiffon consciencieusement. Elle sourit, elle aimait les animaux, mais personne n'aurait pu résister à cette frimousse. Sentant peut-être son regard, le chaton s'interrompit et la fixa de ses grands yeux ronds. Madeleine fit un petit bruit avec sa langue claquant contre son palais pour attirer l'attention du chaton, et doucement, avança sa main pour le caresser, d'abord un peu sur ses gardes au cas où il la mordrait, puis le voyant tendre son petit nez jusqu'à toucher ses doigts, elle le caressa, grattant le haut de sa tête du bout des ongles, caressant d'une main douce son dos alors qu'il se mettait à ronronner doucement et à se pelotonner sous sa main, faisant le dos rond a chaque caresse. Madeleine souriait. Elle aimait les chats, et le bruit de leur ronronnement la calmait et la rassurait. Elle avait un chat à Paris, qui était sortit un jour sans qu'elle sache d'où et avait décidé que son canapé était confortable, et que la maison était peu radine en caresse, ce n'était pas un endroit si mal pour s'installer. Elle s'était faite aux allées et venues de ce chat.

Madeleine soupira. Elle, elle n'avait même pas un chat pour lui tenir compagnie. Seulement quelques pigeons, un couple de tourterelles qui nichaient sous les combles et qu'elle voyait sortir au dessus de la fenêtre de son appartement et une mésange qui se mettait toujours contre sa vitre et y toquait, sans que les allées et venues de Madeleines ne la dérangent en quoi que ce soit, allant parfois jusqu'à rentrer se percher sur le rebord intérieur de la fenêtre si elle la laissait ouverte. D'ailleurs, la présence de ce chat dénotait légèrement, mais ne l'étonnait pas. Elle ne l'aurait pas prévu, elle l'imaginait plutôt solitaire, mais s'il devait avoir un animal, ça devait être un chat. Solitaire, indépendant, il collait bien à l'image. Elle lui laissa quelques secondes pour reprendre contenance avant de se retourner vers lui et de lui dire en souriant, tout en continuant de caresser le petit chat qui ronronnait de plus belle

- Quel adorable chaton, c'est le votre ?


Elle se sentait un peu idiote, attendant un signe. Elle ne savait trop que faire, et espérait qu'une fois servit, il lui dirait ce qu'il attendait d'elle. Allaient-ils simplement discuter, se mettre d'accord sur un programme, un objectif, ou voudrait-il se mettre au travail tout de suite ? Peu lui importait, elle était disponible toute la journée, et toute la nuit si cela pouvait l'aider, elle n'avait pas de cours le lendemain.
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Wade Sigurdr


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MessageSujet: Re: The Painter and his Muse [ PV Madelaine O'Seamus ].   Mar 31 Jan - 3:42

    Wade se frotta vivement le front en répétant doucement des « Aïe ». Quel imbécile. Comme s’il n’était déjà pas assez maladroit, il fallait en plus qu’il le soit devant elle. Il continua à frotter son front jusqu’à ce que finalement, la douleur s’estompe. Il serra les dents et inspira profondément par le nez, les yeux fermés. Il fallait vraiment qu’il se calme, il était trop tendu. En plus de trente ans de vie, il n’avait jamais su faire face aux autres. Il devrait bien s’y coller. Il était temps, après tant d’années… Il inspira de nouveau par le nez et se baissa pour ramasser les morceaux de verre au sol. Il espérait juste qu’elle n’ait pas trop remarqué son agitation… Même s’il faudrait être sourd et aveugle pour ne pas l’avoir vu. De plus, il avait brisé l’une de ses tasses préférées… Tant pis, les morceaux ne pouvaient pas être recollés. Accroupit, il entassa les petits bouts du récipient dans sa main gauche. Les ramassant les uns après les autres, avec sa maladresse innée et son stress incontrôlable, il finit par se taillader la paume de la main. Il se crispa, tendant les muscles de son corps, et se mordit l’intérieur de la joue pour ne pas émettre le moindre son ou la moindre insulte. Il souffla longuement puis se releva, balançant, avec le nez retroussé, le reste de la tasse dans la poubelle qui se trouvait sous l’évier.

    Wade ouvrit le robinet et passa sa main sous l’eau froide en grommelant. Il enclencha la bouilloire une nouvelle fois, oubliant qu’il l’avait déjà allumée. Du coup, il l’éteignit… Wade souffla et la ralluma. Ce n’était vraiment pas le bon jour. Ce n’était vraiment pas son jour. Il se rappelait alors qu’elle lui avait dit qu’ils pouvaient reporter si elle dérangeait. Il aurait dû dire oui. Non pas qu’elle le dérangeait, quoi que… Enfin, sa compagnie n’était absolument pas désagréable, mais… Mais… Ce n’était pas possible. Davantage énervé et stressé, il serra son poing qui le fit souffrir. Il en fallait beaucoup pour l’énerver. Et sa colère, sa rage envers lui-même, avait déjà atteint son paroxysme. Il déglutit et parla comme pour lui-même :

    « - Je suis désolé… ».

    Sa voix était aussi éteinte et enrouée que la première fois qu’il lui avait adressée la parole. Excepté que cette fois, il l’avait fait exprès. Pour ne pas qu’elle l’entende vraiment. Hmmm. Il sortit une nouvelle tasse – il évita de prendre une qui lui tenait à cœur, on ne sait jamais avec la malchance et la maladresse – et y déposa un sachet de thé Earl Grey. Il n’était pas très friand de thé, de café et d’alcool. Encore moins des boissons sucrées comme le Coca Cola ou le Pepsi. Un bon jus d’orange, un bon verre d’orgeat ou bien tout simplement de l’eau, lui convenaient très bien. Parfois, il était vrai, quand il était fatigué et qu’il devait impérativement finir une toile, il se « dopait » ; il avait quelques bières suédoises dans son frigo, ce genre de bières méconnues au grand public américain ou même de l’Europe du Sud. Il aimait bien boire une Falkenberg de temps en temps, cela le boostait et cette petite note sucrée lui donnait la vague impression de boire un jus de fruit quelconque. Mais, néanmoins, cela restait rare. Il détestait être saoul. Il détestait l’alcool lui brûlant la trachée. Il détestait de ne plus être maitre de son corps et de son esprit. L’alcool ruinait les hommes, c’était bien connu. Autant physiquement que psychologiquement. Après tout, il n’avait pas besoin de boire, de fumer ou de se droguer pour être inspiré. Il n’avait qu’à lever les yeux, et le ciel faisait le reste.

    La bouilloire avait finit son travail. Il la souleva et versa l’eau bouillante dans la tasse, tenant la languette du thé pour éviter qu’il ne glisse dans la tasse. Il s’approcha de la table et la déposa près de Madeleine et du chat. Un léger frisson lui parcourut l’échine lorsqu’il la vit caresser le chat avec un tel enthousiasme et une telle candeur. Il en rougit. Il se surprit lui-même à penser qu’être un chat devait être formidable dans ces moments-là. Il déglutit :

    « - Tenez. ».

    Rêvait-il, ou venait-il de se calmer ? Le chat se dandinait, faisant le dos rond à chaque câlin, ronronnant comme le moteur d’une voiture, se frottant contre la main de l’humaine qui daignait lui prêter de l’attention. Son nez frémit alors qu’il observait le chat avec une pointe de jalousie. C’était ça, les animaux : avec des beaux yeux et une bouille toute mignonne, ils pouvaient obtenir ce qu’ils voulaient. Cela marchait souvent comme ça avec les enfants, aussi. Brrr…

    « - Hmm, oui c’est mon chat… ».

    Il venait de se souvenir qu’il n’avait justement pas donné de nom à ce… A cette bête-là. Il se gratta la tête, songeant à un nom qui lui viendrait à l’esprit. Mais rien. En plus, il fallait suivre un certain calendrier, avec une année par lettre non ? Et merde, il n’en savait rien de tout ça. Il se massa le menton, occultant totalement ce « protocole » qu’il y avait pour nommer les chats :

    « - Brünhild. Elle s’appelle Brünhild. ».

    Il ne savait même pas si le chat était effectivement une chatte. Tant pis, il lui avait changé de sexe. Alors, pour la première fois depuis près d’une demi-heure qu’il avait le chaton, il lui gratta le dessous du menton. En réalité, c’était doux. Il sentait la gorge du chat vibrer sous ses caresses. C’était agréable, vraiment. Un sourire apparut sur son visage lorsqu’enfin, il tourna la tête vers Madeleine. Sa main saignait toujours, mais il ne s’en rendait même plus compte. On disait que les chats possédaient certaines vertus et qu’ils apportaient le calme. C’était sûrement vrai. Il était parfaitement détendu :

    « - Si vous voulez, nous pouvons commencer par une simple pose, quelque chose de pas trop difficile, pour vous comme pour moi. Hmmm… Je pense que quelques croquis seraient suffisant pour le moment, juste pour reprendre la main. Sauf si, bien sur, vous avez du temps et que je pourrais commencer sur quelque chose de plus sérieux. ».

    Wade tendit la main, celle qu’il s’était coupée, comme pour toucher le t-shirt de la jeune femme. Il tourna la tête, cherchant des yeux la veste qu’elle avait déposée sur une chaise :

    « - La veste en jean est géniale. Cela me permettrait aussi de retravailler mes textures. ».

    Il n'avait jamais autant aligner de mots de toute sa vie.
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Madeleine K. O'Seamus


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MessageSujet: Re: The Painter and his Muse [ PV Madelaine O'Seamus ].   Sam 11 Fév - 2:33

Madeleine se sentit presque gênée. Elle le mettait mal à l'aise, c'était flagrant. Elle aurait espéré mieux, mais que pouvait-elle espérer alors qu'après tout elle faisait irruption dans sa vie, son espace vital et son travail ? Elle se sentit elle même peu confortable à l'idée de le mettre dans cet état. Elle avait bien sur croisé des gens mal à l'aise de parler avec des femmes, certains mal à l'aise de se retrouver face à une femme qui était intellectuellement capable de tenir une conversation et mieux, de l'alimenter sur leur sujet scientifique de prédilection. Elle avait croisé des timides qui n'osaient pas la regarder, ne sachant où poser les yeux pour ne pas être offensant. Elle avait croisé des gens qu'elle intimidait par sa culture, ou son physique. Elle savait qu'il était arrivé qu'elle ne laisse pas un homme indifférent.
Mais là, c'en était cataclysmique. Elle avait du mal à croire qu'elle puisse faire cet effet sur quelqu'un. Wade Sigurdr était bien au delà de la timidité... Madeleine n'aurait jamais pensé pouvoir mettre mal à l'aise quelqu'un de cette façon...

« - Je suis désolé… ».

Les mots étaient sortis difficilement, à peine plus haut qu'un murmure, avec toujours cette voix mal assurée et enrouée, comme elle avait pu l'entendre la première fois qu'il lui avait adressé la parole. Il avait l'air bien plus assuré au téléphone. Le simple fait qu'elle fut là le déstabilisait, sans aucun doute. Tout était plus facile sans réels contacts humain, enfin, c'est l'impression qu'il donnait à penser. Mais Madeleine écarta ces considérations et reprit les caresses, entendant le chat ronronner de plus belle. Cela l'apaisait. Elle aimait ce bruit. Elle ne se tira de cet état second de contemplation, où elle vidait son esprit un peu plus à chaque caresse que lorsqu'elle entendit de nouveau la voix de wade, assortit d'un son de céramique familier. Elle le remercia et prit délicatement la tasse d'un main, humant l'odeur du thé. Un Earl Grey très basique, mais qui serait bien plus que bienvenue.

« - Hmm, oui c’est mon chat… ».


Madeleine sourit doucement, continuant les caresses et les gratouilles. Oui, cela collait tout à fait à l'image qu'elle se faisait de l'artiste, ce chat. Il lui correspondait bien, un peu sauvage, indépendant... Et elle n'avait gratté que la surface ! Elle se tourna vers lui, et il lui sembla un instant qu'il hésitait avant de continuer.

« - Brünhild. Elle s’appelle Brünhild. ».

Comme à son accoutumé, son esprit avait en quelques secondes assimilé l'information, traité, et avait sortit de manière à ce que Madeleine ait presque instantanément toutes les références nécessaires. Brünhild, pour Brunnhilde sans aucun doute. Elle ne put s'empêcher de sourire. Quel comble de s'appeler Sigurdr et de nommer son chat Brünhild... Madeleine n'était pas non plus une spécialiste des saga et autres mythes nordiques, elle ne pouvait pas ignorer l'histoire de Brünhild. Une Valkyrie devenue humaine condamnée à sommeiller dans un chateau alpin tant qu'un homme ne viendrait la prendre pour épouse. Et cet homme là c'était justement Sigurdr qui tomba immédiatement amoureux, promettant de l'épouser... Avant de l'oublier à cause d'une terrible magie. Madeleine ne se souvenait plus des détails précis, mais se rappelait de la fin tragique, alors qu'après maints péripéties, Brunnhilde pousse le frère juré de Sigurdr à l'assassiner. Mais sur le bûcher de l'homme qu'elle aimait, elle se jette dans les flammes, passant dans le sombre royaume d'Hel à ses cotés. Une histoire tragique, terrible et magnifique à la fois. Brunnhilde était une de ces femmes terribles et destructrices qui incarnait cet aspect de la femme sauvage et dangereux pour l'homme. Artémis, Médée, Calypso, Phèdre, les mythes regorgeaient de ces femmes au double visage sauvage et mystérieux ou séducteur et destructeur. Madeleine avait depuis son plus jeune âge adoré ces mythes, au aujourd'hui encore, elle faisait de ces figures féminines des icônes incontournables. Des femmes fortes, indépendantes, comme elle aspirait à être elle même.

- C'est un nom magnifique...

Wade se mit alors à caresser le chat, et il sembla avoir le même effet que sur elle. Ses traits se détendirent, il esquissa un sourire et la regarda dans les yeux. Elle lui sourit en retour, gentiment, et lorsqu'il reprit, ce fut d'une voix plus détendue, plus relaxée.

« - Si vous voulez, nous pouvons commencer par une simple pose, quelque chose de pas trop difficile, pour vous comme pour moi. Hmmm… Je pense que quelques croquis seraient suffisant pour le moment, juste pour reprendre la main. Sauf si, bien sur, vous avez du temps et que je pourrais commencer sur quelque chose de plus sérieux. ».

- Des croquis, ce sera parfait pour commencer je pense... Après si vous vous sentez et selon si vous avez quelque chose de prévu, je suis libre pour tout le reste de la journée et ce soir.

En effet, Madeleine n'ayant cours le lendemain matin, elle avait sa soirée, et comme la totalité ou presque de ses soirées se résumaient à bosser, lire, ou regarder les voitures passer en contrebas de son appartement... S'il avait besoin qu'elle reste, elle ne se ferait pas prier pour varier un peu son quotidien ! Madeleine sourit, il avait l'air plus détendu, moins sur la défensive et plus à l'aise avec elle. Il prenait les devants et l'initiative, et ça lui plaisait.

« - La veste en jean est géniale. Cela me permettrait aussi de retravailler mes textures. ».

Madeleine acquiesça, c'était une excellente idée. C'est vrai qu'à peindre des paysage, il lui faudrait retrouver la main pour les textures de tissus, les carnations de peau, et tellement d'autres choses... Elle le vit chercher des yeux sa veste qu'elle avait laissé sur une chaise. Elle posa la main dessus, prête à s'en saisir pour commencer dès qu'il le voudrait quand elle remarqua un détail qu'elle n'avait pas saisi. Il avait du s'ouvrir en faisant tomber la tasse, cela ne semblait pas très grave, mais assez pour qu'il faille en prendre soin. Madeleine faisait une fixation sur les blessures ouvertes, une habitude qu'elle avait prise en chantier. La moindre coupure, écorchure ou petite plaie ne devait pas échapper à un bon coup de désinfectant et un pansement ou un strap. Quand vous fouillez 10h par jour dans la terre, vous ne pouvez pas vous permettre d'avoir une blessure qui s'infecte par simple négligence. Elle avait gardé cette fixation même hors chantier, et se baladait toujours avec une trousse de premier soin dans son sac. Les habitudes ont la vie dure...

- Mais d'abord, laissez moi vous panser correctement ça, je ne vous laisserais toucher à rien tant que ce ne sera pas soigné...

Madeleine lui sourit, gentiment et attentionnée, posant à peine sa main sur son avant bras, pour qu'il ne se sente pas oppressé mais seulement rassuré par le contact.
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MessageSujet: Re: The Painter and his Muse [ PV Madelaine O'Seamus ].   

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